Plus jamais trop chaud ? Construisons ensemble un climat intérieur résilient face au changement climatique

L’Échelle du refroidissement comme fil conducteur pour un confort en toute saison

Nos logements se réchauffent. Notre façon de les refroidir doit donc devenir plus intelligente.Pendant longtemps, les logements belges ont surtout été conçus pour empêcher le froid hivernal d’entrer et conserver la chaleur à l’intérieur. L’isolation, l’étanchéité à l’air et la limitation des pertes d’énergie étaient au cœur des préoccupations. Mais avec des étés plus chauds, des périodes de chaleur plus longues et des températures nocturnes plus élevées, un nouveau défi se pose : la chaleur s’évacue de plus en plus difficilement, ce qui entraîne une surchauffe plus rapide des maisons et des appartements.

Une étude de la KU Leuven concrétise l’ampleur de ce défi. Avec une hausse moyenne des températures de deux degrés, plus de 500 000 maisons belges et 150 000 appartements risqueraient, dès 2039, de connaître au moins dix jours de canicule par an. Avec un réchauffement mondial de trois degrés, la quasi-totalité du parc immobilier résidentiel belge pourrait être exposée à un risque de surchauffe prolongée et la saison de refroidissement pourrait durer au moins deux mois par an.

Le confort estival n’est dès lors plus un luxe, mais une condition essentielle à un environnement de vie sain et confortable. La question n’est plus de savoir si nous devons refroidir nos bâtiments. La véritable question est de savoir comment le faire de manière durable, économe en énergie et tournée vers l’avenir.

Ne pas refroidir immédiatement, mais d’abord prévenir intelligemment

Un climat intérieur confortable ne s’obtient pas en ajoutant simplement une installation ou un produit. Il nécessite une vision globale du bâtiment, de son environnement et des personnes qui y vivent ou y travaillent.

L’Échelle du refroidissement développée par l’Overleg Standaarden Klimaatadaptatie néerlandais, en abrégé OSKA, propose pour cela un ordre de priorité clair. Le principe est simple : la chaleur qui n’entre pas ne doit pas être évacuée ensuite par refroidissement.

Créez un environnement frais

L’adaptation climatique commence à l’extérieur du bâtiment. Les arbres apportent de l’ombre, les plantes et l’eau contribuent à rafraîchir l’environnement, tandis qu’une réduction des surfaces minérales limite l’échauffement des rues, des jardins et des bâtiments.

Un logement résistant à la chaleur ne peut donc jamais être dissocié de son jardin, de sa rue ou de son quartier. En intégrant dès la phase de conception la végétation, l’eau et l’ombre, nous construisons non seulement des bâtiments plus frais, mais aussi des environnements de vie et de travail plus agréables et plus sains.

Gardez la chaleur à l’extérieur

L’étape suivante consiste à empêcher la chaleur solaire de pénétrer dans le bâtiment. L’orientation du bâtiment, la taille et la position des fenêtres, le vitrage à contrôle solaire et une protection solaire extérieure efficace jouent à cet égard un rôle important.

L’isolation exige elle aussi une approche équilibrée. En hiver, elle aide à conserver la chaleur, mais en été, elle peut également empêcher la chaleur accumulée de s’évacuer facilement. Une bonne conception va donc au-delà des performances énergétiques d’une seule saison et vise le confort tout au long de l’année.

Évacuez passivement la chaleur

Si la chaleur pénètre malgré tout dans le bâtiment, des techniques passives peuvent aider à l’évacuer. Pensons à une ventilation nocturne intensive, à des ouvertures judicieusement placées, à la ventilation traversante et à l’utilisation de la masse thermique du bâtiment.

La ventilation joue en outre un rôle plus large. Un climat intérieur sain ne concerne pas seulement la température, mais aussi l’air frais, l’humidité et la qualité de l’air. Le chauffage, le refroidissement et la ventilation ne doivent donc pas être conçus comme des techniques distinctes, mais fonctionner ensemble comme les composantes d’un seul système climatique intégré.

Refroidissez de manière efficace et ciblée

Lors de périodes de chaleur prolongées et de nuits chaudes, les mesures passives ne suffiront pas dans tous les bâtiments. Dans les logements fortement isolés, les appartements, les établissements de soins et les bâtiments dotés de grandes surfaces vitrées, un refroidissement actif peut s’avérer nécessaire pour préserver le confort et le bien-être des occupants.

Dans l’Échelle du refroidissement, le refroidissement actif constitue donc une dernière étape mûrement réfléchie vers un climat intérieur agréable. Il est essentiel de ne pas se limiter à traiter les symptômes : la solution réside dans une approche systémique.

Voir au-delà de la climatisation classique

Un climatiseur traditionnel peut refroidir rapidement une pièce, mais fonctionne généralement comme un système distinct à côté de la pompe à chaleur existante. Les deux installations comprennent une unité intérieure et une unité extérieure et reposent sur un principe similaire. En les combinant, vous installez en réalité deux systèmes de pompe à chaleur qui fonctionnent côte à côte, sans exploiter pleinement leurs possibilités respectives. Cela implique davantage d’espace d’installation, un double entretien et une plus grande dépendance aux fluides frigorigènes.

Ces fluides frigorigènes sont soumis à une pression croissante. L’Europe réduit progressivement l’utilisation des gaz fluorés synthétiques à fort impact climatique. Les anciens fluides frigorigènes tels que le R410A présentent un potentiel de réchauffement global plusieurs fois supérieur à celui du CO₂. Les règles deviennent également de plus en plus strictes pour des fluides plus courants comme le R32.

L’avenir ne réside donc pas dans la multiplication des appareils distincts, mais dans un seul système climatique intégré pour les logements, les immeubles de bureaux et les bâtiments tertiaires, au sein duquel le chauffage, le refroidissement, la ventilation et l’eau chaude sanitaire fonctionnent en parfaite synergie.

L’eau comme vecteur de chaleur et de fraîcheur

Les solutions de climat intérieur à eau jouent un rôle important dans un tel système intégré. Une pompe à chaleur peut en effet produire non seulement de l’eau chaude pour le chauffage, mais aussi de l’eau refroidie pour le refroidissement. Le choix du système d’émission à eau approprié détermine ensuite l’efficacité et le confort avec lesquels cette énergie est utilisée dans les différentes pièces.

L’eau chauffée ou refroidie circule dans le même réseau de conduites vers, par exemple, des convecteurs hybrides ou des ventilo-convecteurs. En hiver, ils diffusent la chaleur ; en été, ils assurent le refroidissement. Les possibilités de la pompe à chaleur sont ainsi exploitées toute l’année au sein d’une seule installation intégrée.

Associée à une pompe à chaleur monobloc moderne fonctionnant au R290, un fluide frigorigène naturel à très faible impact climatique, cette configuration constitue une solution globale tournée vers l’avenir. Le fluide frigorigène reste confiné à la pompe à chaleur, tandis que la chaleur et la fraîcheur sont distribuées dans le bâtiment par l’eau.

L’avantage ne se limite pas à la durabilité. Les ventilo-convecteurs réagissent rapidement aux variations de la demande de chaleur ou de refroidissement. Grâce à une circulation d’air active, ils répartissent uniformément l’air chauffé ou refroidi dans la pièce. Le confort se ressent rapidement et la température peut être réglée avec précision dans chaque pièce.

La pompe à chaleur fournit donc la chaleur et la fraîcheur, tandis que les systèmes d’émission à eau appropriés veillent à ce que les deux soient diffusées efficacement dans le bâtiment. La production et l’émission forment ainsi une solution complète pour un confort tout au long de l’année.

Refroidissement sans condensation ou avec condensation

Selon le bâtiment, l’installation et le niveau de confort souhaité, différentes formes de refroidissement à eau sont possibles.

Le refroidissement sans condensation fonctionne avec des températures d’eau supérieures au point de rosée. Le système abaisse la température ambiante de manière agréable et économe en énergie, sans formation de condensation. Cette forme de refroidissement offre un confort de base agréable et convient particulièrement aux bâtiments bien isolés, où la surchauffe est limitée de manière préventive et où aucune déshumidification intensive n’est nécessaire.

Le refroidissement avec condensation utilise une eau plus froide. Le système peut ainsi non seulement abaisser la température, mais aussi extraire l’humidité de l’air. Cette approche offre une puissance de refroidissement supérieure et convient aux bâtiments orientés au sud, dotés de nombreuses surfaces vitrées et ne disposant d’aucune mesure passive, ou de mesures insuffisantes, comme une protection solaire extérieure. Le système doit alors être conçu pour évacuer en toute sécurité l’eau de condensation produite.

Le choix approprié dépend de l’utilisation de la pièce, de la charge d’humidité, de l’installation disponible et des attentes des occupants ou des utilisateurs. Un bon système de climat intérieur ne part donc pas d’un seul produit, mais d’une solution globale bien pensée, dans laquelle le refroidissement, le chauffage et la ventilation sont combinés de manière fluide. Il en résulte un système aussi économe en énergie que possible, tout en offrant le meilleur confort de vie et de travail possible.

Un seul système, adapté à l’être humain et au bâtiment

Lors de rénovations, les convecteurs hybrides peuvent souvent être raccordés aux conduites existantes. Il devient ainsi possible de passer à une pompe à chaleur moyennant une intervention relativement limitée, tout en assurant le chauffage et le refroidissement sans condensation.

Lors de rénovations lourdes ou dans les constructions neuves, la combinaison d’un chauffage par le sol et de ventilo-convecteurs peut offrir une flexibilité supplémentaire. Le chauffage par le sol assure un chauffage de base doux et économe en énergie, tandis que les ventilo-convecteurs peuvent chauffer ou refroidir rapidement et réagir immédiatement à la demande (ensoleillement soudain, présence de nombreux visiteurs, etc.).

Pas de traitement des symptômes, mais une combinaison intelligente qui fait véritablement la différence à long terme

Concevoir pour les étés de demain

Un bâtiment résilient face au changement climatique est bien plus qu’un bâtiment correctement isolé. C’est un environnement de vie ou de travail capable de s’adapter à des hivers plus froids, à des étés plus chauds et à l’évolution des besoins.

En combinant la végétation, l’eau, les protections solaires, les choix constructifs, le refroidissement passif, la ventilation et les solutions de climat intérieur à eau, nous rendons le confort plus durable. Non pas en refroidissant partout au maximum, mais en utilisant l’énergie de manière efficace et ciblée.

En considérant la pompe à chaleur, les systèmes d’émission, la ventilation et la régulation comme un ensemble cohérent, nous créons des solutions qui offrent confort et efficacité énergétique, génération après génération.

Le refroidissement à eau n’est donc pas une simple alternative indépendante à la climatisation. Il constitue un maillon essentiel d’une stratégie plus large et durable en matière de climat intérieur.

Nous réunissons ainsi les technologies et construisons des logements et des bâtiments prêts non seulement pour les hivers, mais aussi pour les étés de demain.

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